Création danse

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Conception et chorégraphie Perrine Valli \ Interprétation Inari Salmivaara, Alexandre da Silva, Perrine Valli \ Création sonore Jennifer Bonn \ Création lumière et vidéo Frédéric Lombard \ Scénographie et costumes Marie Szersnovicz
Association Sam-Hester en coproduction avec Mains d’Œuvres, ADC-Genève, SüdPol. Avec le soutien de : la République et Canton de Genève, la Ville de Genève – Dpt de la culture, la Loterie Romande, Pro Helvetia, DRAC-Ile de France. Un projet en coopération avec ADC Genève, Arsenic Lausanne, far° festival des arts vivants Nyon, Kaserne Basel, Südpol Luzern, Théâtre du Pommier Neuchâtel, dans le cadre du fonds des programmateurs / Reso- Réseau Danse Suisse. Avec le soutien de Pro Helvetia, Ernst Göhner Stiftung.
première le 22 septembre 2010 à Mains d'Oeuvres, Paris (FR)
Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt
Derrière l’intitulé de la création de Perrine Valli affleure une composition due à Magritte en forme de manifeste invitant la femme à reprendre son pouvoir.
Lilith, femme libre née bien avant l’Eve soumise, et depuis longtemps reléguée parmi les démons qui hantent les rêves des hommes, réapparaît aujourd’hui dans le trio de Perrine Valli, confrontant deux figures féminines à une présence masculine. nonobstant sa jalousie morbide, Lilith se révèle sensible, intelligente, égale au premier homme. explorant des thèmes mariant regard culturel porté sur le couple et la sexualité comme enjeu de pouvoir et, mythologies anciennes et préoccupations actuelles, la chorégraphe et danseuse franco-genevoise délie un univers de toutes les solitudes et attentes proches d’un Beckett."De l’amour fusionnel entre Adam et Lilith, on glisse à une dimension conflictuelle donnant lieu à des infidélités et à une séparation. A travers cette réflexion du masculin, il y a une manière de penser le féminin. Qui se fait possiblement manipuler au cœur d’un système, dont il ne souhaite parfois pas sortir », relève Perrine Valli.
Du mythe au réel
Portée par une atmosphère tour à tour vibrante et contemplative, voici une géométrie de l’horizontalité et de la verticalité, du haut et du bas distillée au gré de postures méta- phoriquement sociales. Perrine Valli dit s’être notamment inspirée ici de l’instantané montrant Yoko Ono habillée, avec, enchâssé à son flanc, un John Lennon nu en position fœtale. Au fil d’un cadre mobile, une Genèse de la connaissance et du désir contrarié se révèle au cœur d’un écrin scénique de pureté immaculée à l’arrière-goût de suaire progressivement constellé d’une pluie de confettis. Entre le positif et le négatif photographiques, le diurne féminin et le nocturne masculin. Adam, Eve, Lilith. Trois points errants dans leur quête d’une ligne, comme une flèche que redessinent sans trêve ces corps aux gestes tour à tour sémaphoriques et merveilleusement arrondis. Comme une route ou un dessin, une ligne à laquelle appartenir et se maintenir. Et ce sera ici ce patient travail de révéler une incertaine vérité des corps sous leur forêt d’apparences, qu’elles soient icônes, représentations culturelles ou préjugés.
Bertrand Tappolet